S
Schekina Bayack


Le protagoniste revit son enfance marquée par la solitude et le désir de trouver sa place, ainsi que les luttes avec ses parents, en particulier la décision de sa mère de la laisser avec son père pour des raisons financières. Après que sa mère ait récupéré un emploi stable, l'espoir s'effondre lorsque son beau-père devient abusif. Malgré son isolement, le protagoniste cherche toujours à trouver un sens à sa vie et à échapper à sa souffrance.


Récits de vie Tout public. © Frommandji
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Les ombres de l’enfance

Dans les méandres de mon esprit, se dissimulent des souvenirs enfouis, des éclats de passé qui hantent mes pensées comme des fantômes errants. Lorsque je replonge dans les mémoires de mon enfance, je suis envoûtée par une mélancolie sombre, une tristesse que je peine à dissiper.


À l'aube de mes premiers pas dans ce monde, j'étais une petite fille timide, une âme solitaire cherchant désespérément sa place dans le tumulte de la vie. Je me souviens des jours passés à errer dans la cour de récréation, observant avec envie les rires joyeux des autres enfants tandis que je restais en marge, invisible aux yeux du monde.


J'aurais tellement voulu faire partie de ces cercles d'amis insouciants, être conviée aux soirées pyjama et aux anniversaires colorés qui rythmaient la vie des enfants de mon âge. Mais pour moi, ces festivités étaient des mirages lointains, des oasis inatteignables dans le désert aride de ma solitude.


Ma seule compagnie était celle des écrans lumineux de la télévision, des plateaux repas solitaires et des nuits peuplées de rêves brisés. Et même au sein de ma propre famille, je me sentais étrangère, une intruse dans un monde où je ne semblais pas avoir ma place.


Mes frères aînés, ces figures protectrices censées être mes alliés dans cette aventure qu'est l'enfance, étaient souvent les artisans de ma peine. Leurs mots acérés et leurs regards méprisants creusaient des blessures invisibles dans mon cœur déjà meurtri.


Je n'ai pas eu droit à cette enfance parfaite, bercée par les rires et les jeux innocents. Au lieu de cela, j'ai navigué dans les eaux troubles de la solitude, cherchant désespérément un havre de paix dans un monde qui semblait m'ignorer.


Mais même au milieu de cette obscurité, une lueur d'espoir vacillait, fragile mais présente. Car je savais, au fond de moi, que l'histoire de ma vie n'était pas encore écrite en entier, que les chapitres à venir pourraient être empreints de lumière et de bonheur.


Et c'est avec cette conviction, cette certitude que demain sera meilleur, que je poursuis mon chemin, bravant les tempêtes de mon passé pour atteindre les rivages radieux de l'avenir. Car je refuse de laisser les ombres de mon enfance obscurcir le rayonnement de ma destinée.—


La cour de récréation bourdonnait d'excitation alors que les élèves se rassemblaient en petits groupes, échangeant des chuchotements et des regards complices. Une rumeur flottait dans l'air, une rumeur d'anniversaire imminent, d'une fête qui promettait d'être mémorable.


Je me souviens encore de ce jour-là, où l'attente fébrile emplissait mon cœur d'espoir et d'anticipation. J'osais rêver, pour la première fois, que peut-être, cette année, je serais invitée à partager les rires et les jeux de mes camarades de classe.


Pourtant, lorsque l'invitation tant espérée ne m'a jamais atteinte, le ciel de mon cœur s'est assombri d'une tristesse indicible. Les sourires joyeux autour de moi semblaient lointains, échos creux d'une célébration à laquelle je n'étais pas conviée.


Les heures qui ont suivi ont été marquées par un silence pesant, seulement brisé par les sanglots étouffés que j'essayais en vain de contenir. Mon cœur était lourd de déception, ma gorge serrée par l'amertume de l'exclusion.


De retour chez moi, j'ai cherché refuge dans les bras de mon père, ce roc imperturbable qui incarnait l'autorité et la discipline. Mais au lieu de trouver le réconfort que je recherchais, j'ai été accueillie par la froideur de son regard et le ton cinglant de ses mots.


"Les larmes ne servent à rien", a-t-il déclaré d'une voix dure, ses yeux perçants me transperçant comme des lames de couteau. "La vie est dure, ma chère. Il faut apprendre à endurer."


Et avec ces paroles, il a scellé le sort de ma peine, écrasant mes émotions sous le poids écrasant de son autorité. Dans le silence qui a suivi, j'ai senti mon cœur se briser un peu plus, réalisant que même chez moi, je n'étais pas en sécurité pour exprimer ma douleur.


Ce jour-là, j'ai appris une leçon amère sur le prix de la vulnérabilité, sur la dureté du monde qui nous entoure. Mais même dans l'obscurité de cette nuit sombre, une lueur d'espoir vacillait, fragile mais persistante. Car je savais, au fond de moi, que même les tempêtes les plus violentes finissent par se calmer, et que le soleil brille toujours après la pluie.

14 Mai 2024 19:43 0 Rapport Incorporer Suivre l’histoire
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