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Mélodie Blackwood


Se réveillant soudainement d’une chute qui aurait dû lui être potentiellement mortelle une jeune femme amnésique – sans aucun souvenir de sa vie passée – se retrouve soudainement l’objet extrêmement convoité d'une vente aux enchères composée uniquement d’esclaves maltraités. Craignant alors pour une vie dont elle ne se souvient pourtant pas, cette dernière devient – par l’intermédiaire d'un contrat de vente – la propriété exclusive de Shade Arcadie, un Hybride au charme dès plus ténébreux agrémenté de deux yeux vairons fascinants, un Chasseur de prime solitaire, possessif et dominateur mais tourmenté qui dressera et soumettra cette magnifique femme noire rebelle et insoumise qui éveille en lui les douloureux souvenirs d’un sombre passé très ancien qu’il souhaite impérativement oublier à n’importe quel prix. Et cela même si le sang de ses ennemis doit couler à nouveau. Seulement, au fil des jours et des semaines à côtoyer pleinement sa partenaire jusque dans l’intimité d’une chambre à coucher, l'homme apprendra à ses propres dépens que sa belle captive indomptable – avec laquelle un lien indestructible au-delà de la confiance semble se créer petit à petit – est bien loin d’être juste une humaine ordinaire et qu’une Bête immortelle effroyablement carnassière vieille de plusieurs siècles sommeille jusqu’à présent en elle dans ce même corps. Une monstruosité qui ne demande qu’à tuer pour vivre, survivre et se venger d'une vie qu’elle a temporairement oubliée.   Dès lors commencera alors une longue et éprouvante course contre la montre entre l’Hybride, la Bête et tous ceux qui voudront leur peau. Une course contre la montre pleine de rebondissements où le passé et le présent s’ouvriront… où la vérité et les mensonges se déchaîneront violemment… où deux ennemis naturels devront s’allier… où les sentiments s’entremêleront... où la passion et le désir ne formeront plus qu’un.


Érotique Interdit aux moins de 18 ans.

#bdsm #Alpha # #amour #haine #meute #chasseur #contrat #douleurs #dressage #loup-garou
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Prologue - Chasser Le Chasseur Devenu Proie

LA GIGANTESQUE FORÊT BORÉALE qui s’étend sur plusieurs milliers de kilomètres a toujours été un endroit paisible se caractérisant principalement par des hivers longs, très froids et secs comme celui de cette année. Après une énième nuit hivernale de consommée, l’astre lunaire argenté laisse légitimement sa place à son opposé le soleil qui commence à se montrer à l’horizon en illuminant magistralement le ciel qui se couvre d'une magnifique couleur orangée parsemée d'une touche de rose formée par quelques nuages environnants. La grande étendue naturelle, sauvage et indomptable s’éveille lentement en même temps que tombe une couche de brume semblable à la rosée du matin en se permettant de déposer sur la végétation verte et abondante une fine pellicule d’eau, une légère brise fraîche se lève en même temps que résonne les 1ers chants mélodieux et envoûtants des oiseaux tandis que ces autres habitants à fourrure – petits et gros – quittent peux à peux leurs petits nids douillets allant de ces écureuils roux qui sortent de trous creusés dans le tronc des conifères pour se nourrir jusqu’à ce mâle orignal (élan) s'abreuvant paisiblement près d'une rivière. Quand un craquement de branches se fait soudainement entendre, l’animal relève succinctement la tête en humant les alentours avec ses naseaux, grattant nerveusement le sol avec l'un de ses sabots aux vues d'une éventuelle fuite en voyant s'approcher du côté opposé au sien l'un de ses prédateurs naturels qu’est cette majestueuse et imposante louve – au pelage noir comme le charbon maculé de quelques taches aussi blanche que la neige – sortant des fourrés dans une démarche droite mais remplie d'une certaine méfiance pour ce qui l'entoure.


Pourtant la bête solitaire nouvellement arrivée ne prête aucune attention particulière à ce stupide herbivore, à ce ruminant, se contentant de s’octroyer une micro-pause pour laper quelques gorgées de ce même liquide hydratant avant de s'allonger durant un laps de temps indéterminé pour reprendre un minimum de ses forces perdues lors de sa longue course poursuite dans l’étendue sauvage entre elle et ses poursuivants. Si l’atmosphère paraît calme en 1er lieu, elle ne le reste pas longtemps au grand désarroi de la créature traquée se trouvant en cavale car un peu plus au loin vers le nord de la forêt, des voix masculines et quelques-unes de féminines se font entendre, indiquant qu’un groupe assez important d'êtres humains se rapproche inexorablement par ici. Si dans un 1er temps la louve épuisée de sa fuite ne s'en préoccupe pas en sentant leur odeur fortement nauséabonde de sueur, de sang et de parfum bon marché – lui permettant dans déduire qu'ils ne sont que cinq – cette dernière déchante assez vite au son distinctif d’un impact de balle venant se loger dans un arbre à seulement quelques centimètres de sa position actuelle, faisant ainsi fuir l’élan. Le jeune homme – l’arme toujours en main – grommèle ensuite d’avoir manqué sa cible de si près. Se redressant sur ses quatre pattes, elle se met à fixer d'un air mauvais la 6e personne l’ayant attaqué en traître en grognant, les babines largement retroussées, les crocs imprégnés de sang frais dévoilés et les poils ébènes de son dos hérissés, menaçant l’inconnu armé d'une attaque plus qu'imminente qui ne tarde pas à arriver… attaque qu'elle utilise habilement en guise de diversion finement orchestrée pour pouvoir s’enfuir de nouveau sous les jurons du traqueur professionnel qui s’est fait lamentablement avoir comme un débutant. Foulant la terre meuble et humide sous la délicate caresse du vent, contournant et zigzagant entre les arbres, sautant parfois par-dessus troncs et cours d'eau qui lui barrent le chemin, l’imposante bête court à en perdre haleine en puisant dans ses réserves d’énergie afin de mettre le plus de kilomètres entre elle et ses opposants.


- Dispersez-vous et attrapez-la !! Cris une 1ère voix grave


- Ne la laissons pas nous échapper !! Hurle la seconde plus aiguë à ses camarades de fortune.


Seulement, à force de distances raisonnables et de tirs croisés qui l’éloignent de sa route initiale, cette dernière due freiner brusquement en déboulant malencontreusement sur une dangereuse impasse caractérisée par une impressionnante falaise d'une bonne centaine de mètre de haut avec en contre-bas de la roche – entre les deux parois – un dénivelé important d’eau conduisant très probablement à une cataracte (chute d’eau considérable) … sauter est beaucoup trop risqué pour elle vu la distance qui sépare les deux extrémités des parois. Cela était vraiment risqué de sauter. Rapidement acculée et prise au piège, la majestueuse louve bicolore tourne en rond puis se met en garde et grogne inlassablement en se mettant en position défensive à l’approche de ses nombreux poursuivants… quatre hommes et deux femmes… des Chasseurs du Sanctuaire lourdement armés lui font maintenant face et n'arrangeant en rien la situation actuelle, ils sont inévitablement accompagnés par deux créatures – d'une carrure impressionnante – très similaires à cette dernière. L’animal n'en est pas grandement étonné et pourtant… comment ont-ils fait pour masquer leur odeur ? Pour masquer leur aura de bête ? Elle ne sait pas la raison mais cela ne présage malheureusement rien de bon pour autant… seulement quelques petites complications en plus avec la présence non négligeable de ces deux mâles Alpha imposants visiblement associés avec les êtres humains. À travers ce petit groupe atypique, un jeune homme de par sa prestance inébranlable se démarque rapidement des autres personnes en s’avançant avec nonchalance et précision de quelques mètres, jetant un intense et indescriptible regard en direction de la louve qui émet un grondement sonore de mécontentement face à celui-ci. Inspirant profondément, il plonge encore plus irrémédiablement son regard obsidienne dans celui très particulier de la bête sauvage qui lui montre les crocs avant de prendre la parole d'une voix forte et limpide.


- Alpha Noir du grand Nord et souveraine impériale des loups, commence-t-il, pour avoir enfreint l’article 35, 65 et 75 alinéas 5 du Codex Lunaire et par ordre directe du Sanctuaire où vous serez jugé pour tous vos crimes immondes, vous êtes en état d’arrestation. N'opposez aucune résistance ou vous serez abattue sur le champ.


Loin de s’offusquer, la louve impériale cesse de grogner dans l’immédiat et penche légèrement sa tête sur le côté en se demandant si le terrestre est sérieux. Jamais en seulement cinq siècle d’existence (500 ans) à parcourir le monde pour y rependre la terreur… pour y semer la mort et la désolation, elle n’a connu d’être humain aussi courageux que stupide pour oser la défier sans risque. Jamais. Alors se rendre gentiment pour qu’on puisse la condamnée à la peine de mort ou être enchaînée pour un enfermement à vie pour lui soutirer des informations… ce n’est pas dans ses cordes, ni dans ses prochaines intentions. Vivre ou mourir ? Être le prédateur ou la proie ? Chasser ou être chasser ? Ce sont les trois lois les plus rudimentaires inculquées par son psychopathe de géniteur. Ces choix sont ainsi rapidement faits et définitifs. Aussi, pour remédier à ce « problème » épineux comme on le lui a longuement enseigné, la bête décide de vouloir les éliminer un par un sans aucune pitié ni aucune hésitation… un ou deux morts de plus ou de moins à son actif ne la dérange nullement. Après tout, plus d'une bonne centaine de milliers de personnes à travers le monde entier sont mortes sous ses crocs acérées… des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards et même des loups de divers meutes, de divers rangs… la dernière Alpha Noir surnommée la « Reine sanguinaire » ou encore la « Bête du Gévaudan » n'a eu aucun remords à leur ôté la vie pour dévorer goulument leurs entrailles encore chaudes. À cette pensée, la louve émet un glapissement semblable à un rire. Contractant ses muscles – en faisant abstraction de la fatigue qui la gagne petit à petit –, elle se volatilise en une fraction de seconde, se déplaçant à une vitesse hors norme pour sa taille afin de se trouver à la droite du petit groupe, profitant de l'effet de surprise et de la confusion générale pour les neutraliser entièrement dans un bain d'hémoglobine et de hurlements déchirants le calme plus qu’apaisant de la forêt… pour cela elle doit arracher méticuleusement aux humains quelques membres essentiels à la mobilité comme une main… un bras… une jambe… parfois même la tête est séparée du reste du buste, laissant les cinq corps décapités, déchiquetés, éventrés – avec une expression figée de terreur peinte à jamais sur leur visage blême – qui se baignent dans la mare d’un épais liquide rouge écarlate nourrissant ainsi la terre environnante en abondance.


Estomaqué voir grandement choqué par cette scène macabre, par ce carnage sans précédent, le jeune homme ne peut s’empêcher de tomber à genoux pour vider l’intégralité du contenu de son estomac sur le sol en se tenant le ventre alors que sa respiration devient très vite chaotique par la présence d'une aura noire étouffante qui raréfie l’air aux alentours de la falaise. De plus, même parfaitement entraîné pour supporter n’importe quelle situation de crises existentielles du monde surnaturel, jamais après plus de cinq ans de dures préparations, son défunt père et son oncle – son mentor – ne l'ont préparé à voir cela de ses propres yeux.


- Ce n’est pas possible, ce n’est pas réel… non… non… non… murmure-t-il pour lui-même en plaquant une main sur sa bouche pour s’empêcher de vomir une 2nde fois. Comment… comment en sommes arrivé là ? Elle qui était si douce, si attentionnée… Comment a-t-elle pu devenir ce monstre qui tues sans aucune pitié ? Tout est entièrement de ma faute… bordel… je n'aurais jamais dû remédier à cette possibilité… reviens… par pitié reviens…


Tout en étant émotionnellement perdu… tout en s'apitoyant sur lui-même, le jeune Chasseur aguerrit ne quitte pas de ses yeux obsidiennes les événements qui se déroulent maintenant devant lui. Il en est comme hypnotisé devant ce combat titanesque qui oppose la « Bête du Gévaudan » et les deux Alpha provenant du Sanctuaire lunaire… malgré la vitesse des trois loups et la violence de cet affrontement qui dégrade la nature environnante, le jeune homme arrive pourtant à entendre distinctement certains sons… des grognements bestiales… des couinements de douleurs… des os qui craquent et se brisent en morceaux sous les impacts violent de troncs d'arbres et de rochers sur lesquels ils sont parfois projetés avec force ou bien sous celui d’une puissante mâchoire dotée de crocs. Les deux mâles gravement blessés se battent farouchement avec la femelle se trouvant dans un état bien pire encore et pourtant elle gagne rapidement du terrain sur ses assaillants masculins qui esquivent maladroitement ses assauts répétés de plus en plus précis. Renversant facilement les deux bêtes éreintées en fracturant habilement les moindres os composant le sternum (les côtes) et les vertèbres lombaires après de longues… de très longues minutes à se battre avec violence et acharnement, l'Alpha Noir – la gueule ensanglantée et dégoulinante de bave – n’eut aucune hésitation, aucune pitié avant de leur ôter la vie en brisant d'un coup sec les vertèbres cervicales qui composent le squelette solide. Personne. Il ne reste plus personne en dehors de lui… et cette majestueuse louve gravement blessée. Relevant son museau qu’elle pointe inextricablement en direction du jeune homme, elle incline légèrement sa tête sur le côté en l'observant attentivement déglutir et cela avant de faire un 1er pas, puis un 2nd et ainsi de suite jusqu’à marcher vers lui. Tituber quelque peu et boiter de la cuisse gauche après une morsure ne sont pas ce qu’il y a de plus grave pour Freya qui se retrouve avec de profondes entailles de crocs et de griffes sur quasiment tout le corps tel que ses deux flancs, son thorax, son dos et son cou… elle aura beaucoup de mal à cicatriser d’elle-même en peu de temps et du temps, elle en avait quasiment plus, voire très peu avant que d’autres Chasseurs ne viennent en surnombre pour terminer le travail inachevé de leurs collègues maintenant décédés entre ses canines. Chose qu’elle ne peut se permettre avec sa tête mise à prix par le Sanctuaire.


Arrivée à la hauteur de sa dernière proie potentielle, elle le fait alors basculer facilement en arrière – près du bord de la falaise – d'un simple coup de tête en posant de surcroît ses énormes pattes sur son abdomen musclé. Son museau griffé à seulement quelques centimètres de son visage, elle le renifle pour s'imprégner une dernière fois de son odeur corporelle enivrante, de son parfum musqué et boisé que la louve bicolore connait par cœur. Cependant, elle ne tergiverse pas plus longtemps sur des souvenirs éphémères et encercle sa gorge dévoilée de ses canines tranchantes prête à la lui arracher à la 1ère occasion qu’elle trouvera.


- Attend ! Il s'écrit d'une voix tremblante. Si tu dois me tuer, alors laisse-moi la revoir… laisse-moi contempler le visage de la femme que j'aime une toute dernière fois…


Grognant bruyamment en montrant les crocs, elle raréfie l'intensité de son aura et accède au dernier souhait du condamné à mort comme un acte « généreux » , comme une « bonne action ». Dans un parfait concert musical d'os canins et de membres qui rétrécissent et se restructurent pour donner des bras et des jambes… de pelage sombre qui disparaît pour laisser apparaître une peau humaine abîmée couleur chocolat couverte en partie de tatouages, de sang et de sueur… de pupilles mauves lupine qui redeviennent d’abord aussi rouge que le sang puis d'un bleu glacial d'une froideur incommensurable ; le tout laissant place à une magnifique jeune femme aux formes plus qu'avantageuses (avec des origines ethniques et lupines encore inconnues) dotée d'une longue chevelure noire aux pointes blanches comme la neige. Une jeune femme qui se retrouve dépourvue de vêtements et donc entièrement nue après sa transformation tout en étant positionner avec nonchalance à califourchon sur cet homme… homme pour lequel elle éprouve malgré tous des sentiments qu’elle souhaite impérativement faire taire depuis cette profonde perte douloureuse qui a été la sienne… une perte qu’il n’a jamais partagé… une perte si tragique que cela l'a conduit à sombrer, à retomber davantage dans une folie meurtrière et cela jusqu’à commettre un carnage extrêmement violent pour la énième fois.


- *Grognement* Comment oses-tu nous donner des ordres ? Comment oses-tu me dire que tu m'aimes encore ? Vocifère-t-elle au visage du jeune homme, une main entourant fermement la gorge de ce dernier. N'as-tu pas encore compris Kyle… tes « mots » n’ont plus aucune valeur à nos oreilles.

- A…


La jeune femme se met soudainement à grogner davantage de mécontentement avant qu'il ne parvienne à prononcer son prénom tout en resserrant son emprise sur la nuque du dénommé Kyle – autrefois son ancien amant – qui manque visiblement petit à petit d'air avec les griffes de sa belle amante autour de sa nuque.


- PUTAIN D'ENFOIRÉ DE MERDE !!! N'ESSAIE PLUS JAMAIS DE PRONONCER MON PRÉNOM AVEC TA SALE BOUCHE !!! Tu as perdu ce privilège en m’abandonnant… en me trahissant ouvertement dès lors que tu as épousé publiquement cette maudite garce, cette putain de salope qui n’a fait qu’écarter les cuisses pour que tu la baises comme une chienne. Après ce que cette famille nous a fait subir sans relâche dans cette pièce immonde… comment as-tu pu prendre une décision aussi cruelle ?

- On m'a forcé… mon oncle m’a forcé la main pour ce mariage arrangé… je n’ai pas eu le choix de lui obéir pour pouvoir te mettre en sécurité… en sécurité loin de mon clan… s’explique-t-il difficilement en suffocant de plus en plus.

- MENTEUR !!! On a toujours le choix de nos actes ! Crache-t-elle froidement avec violence sans pour autant cacher les larmes qui coulent sur son visage. JAMAIS tu m’entends… JAMAIS je ne te pardonnerai la mort de ce petit être innocent qui n'aura même pas vu le jour dans ce monde… JAMAIS !!! Tu devras vivre éternellement avec ça… ça et toutes ces autres morts qui sont arrivées par ta seule faute.


Les yeux noirs du jeune garçon s’agrandirent l’espace d’un très court instant, comme si la jolie métisse furieuse venait de lui apprendre un fait dont il n’avait pas encore pris connaissance avec son oncle perfide avant son départ pour la chasse. Une information lui a donc malencontreusement échappé. Mais laquelle ? Et surtout, de quelle perte douloureuse parlait-elle ?


- Attend ! Je… je ne comprends pas… De quelle perte parles-tu ? Lui demande-t-il avec une incompréhension pourtant non voilée.


La métamorphe fronce ses sourcils par contrariété. Était-il vraiment sérieux ? Se moquait-il réellement d’elle en affirmant cela ? Visiblement, son amant a encore une carte à jouer pour la détourner de son objectif mais malheureusement pour lui, il ne jouait pas avec la bonne louve. Elle le sait. Elle le doit. Pour se protéger et pour disparaître aux yeux des hommes et des loups, personne en ce bas-monde ne doit connaître l’apparence qu’elle revêt sous forme humaine durant la journée. Personne. Du moins personne de vivant… après tout, les morts ne parlent pas d’où l’expression « Être six pieds sous terre ». Et à sa connaissance, seul cet homme réunit tous les critères.


- CESSE DONC DE MENTIR !!! Hurle la jeune femme. Tu étais forcément au courant de ma situation et de mon handicap physique pour oser me livrer à ses putains de barbares. Je l’ai perdu… Je l’ai perdu par ta faute…

- Je te le jure, je ne savais…

- FERME-LA !!!


La terreur peut se lire aisément dans les iris noires du jeune homme dont le corps ne cesse de trembler, ce dernier entrevoyant sa propre mort imminente dans le regard bleu rempli de rage de son ancienne partenaire et son unique 1er amour. Il est beaucoup trop tard pour faire machine arrière. Jamais il ne se pardonnera de l’avoir blessée par pur égoïsme, de l’avoir trahie en pensant pouvoir la protéger de sa famille de Chasseurs de créatures surnaturelles qui l’avait fait énormément souffrir. La jeune femme – tout en faisant mine de réfléchir contentieusement – trouve alors qu’une mort lente ou rapide par égorgement ou démembrement est une sentence bien trop douce pour son ancien compagnon, elle compte bien le punir comme il se doit et rien de tel pour le faire souffrir longuement que de lui faire partager son sort… sa malédiction. Resserrant encore davantage la pression sur sa gorge, une simple morsure profonde exécutée entre son épaule et son cou fût largement suffisante pour entamer le lent changement imminent qui va conduire le jeune Chasseur petit à petit vers sa propre destruction, vers sa propre transformation. Trop faible pour qu'il puisse bouger les moindres muscles de son corps partiellement paralysé par le sang noir maudit de la « Bête du Gévaudan », la jeune métisse – qui n’a nullement honte de sa totale nudité – en profite alors pour se relever sur ses deux jambes avec beaucoup de difficulté, grognant bruyamment à chaque geste qui faisait ressortir inlassablement la douleur tyrannique de ses nombreuses plaies sanguinolentes qui n'ont pas commencées à cicatriser d’elles-mêmes, l’empêchent ainsi provisoirement de reprendre sa forme bestiale pour accélérer le processus. Seulement, après avoir tant combattue, la jeune femme épuisée avait malencontreusement baissé sa garde au point mort… au point qu’elle n’avait pas encore perçu la présence jusque-là cachée dans les fourrés. Un craquement de branche met soudainement en alerte les cinq sens de la métamorphe qui ne tarde pas à se retourner pour faire face au nouvel intrus… toutefois ses pupilles d'Alpha couleur rouge sang n’arrivent à distinguer qu'une silhouette masculine légèrement floutée.


- Qui êtes-vous ? Elle grogne bruyamment à l’intention de cet intrus sans obtenir une quelconque réponse.


Les poils de son corps se hérissant, la jeune femme grogne de nouveau de mécontentement tout en se mettant à reculer inexorablement à l’extrême limite du précipice de la falaise – l’éloignant ainsi de son amant – car cet homme armé qui avance toujours vers elle, arbore un sourire sadique qui arrive à lui faire froid dans le dos. Elle en est sûr à plus de 200 % maintenant… en ce qui le concerne, il ne s’agissait ni d'un simple Chasseur et encore moins d'un Humain ordinaire… alors qu'étaient-ils réellement ? En plus, son odeur était vraiment dès plus étrange… elle s'en trouve mélangée entre plusieurs senteurs qui lui piquent fortement le nez. Déconcentrée, trois coups de feu sont de immédiatement tirés à un intervalle régulier et ultra précis : un impact frôlant de peu son visage et les deux autres se logeant malheureusement dans chacune de ses cuisses, lui arrachant aussitôt un hurlement perceptible de douleur qui l'oblige presque aussitôt à poser les genoux sur le sol.


- Enfoiré !!

- Vu ton misérable état, tu ferais mieux de bien surveiller ton langage petite fille, ricane l’homme en attrapant fermement la chevelure ébène de la jeune femme. Dire que ta pitoyable carcasse de monstre a été mise à prix pour seulement 2 000 000 € par l'Alpha Blanc du Sud. Morte ou vive qu'il y avait de noté sur l’avis de recherche à ton nom. Bordel !! Tu n’es vraiment pas une proie facile à traquer… heureusement que ses idiots du Sanctuaire m'ont grandement facilité la tâche.

- Va te faire…


Sans même qu’elle ne termine son injure… sans même qu'il ne veuille prononcer davantage de mots grossiers et inutiles, ce dernier – après l’avoir fortement giflée – lui assène volontairement de violents coups de pied dans le visage… le ventre… les côtes fracturées… lui piétinant ses blessures déjà largement ouvertes par son dernier combat. Il réitère longuement chaque geste jusqu’à ce que la jeune femme ne puisse pratiquement plus bouger le moindre de ses muscles… jusqu’à ce que les battements de son cœur deviennent très lents et irréguliers… jusqu’à ce que son souffle soit quasi inexistant… jusqu’à ce que ses magnifiques yeux redevenus pourpres par la présence non négligeable de sa louve, se vident lentement de toute vie existante. Le calvaire de la jeune femme semble pourtant duré une éternité… une éternité où aucun son, aucun cri ne sort de sa bouche d’où s’échappe de longs et minces filets de sang et quelques soupires.


Juste un autre sourire se dessine ensuite sur ses lèvres entrouvertes et abîmées.


- Quel gâchis ! Soupire inlassablement l’homme en braquant le canon froid de son arme à feu sur la louve agonisante. Je n’aurais qu’à lui ramener ta tête comme preuve.

- Dans tes rêves connard !! Je t’emmène avec moi…


Dans un dernier élan simple de folie pur qui peut la conduire au plus près des portes de la mort, la métamorphe lupine se sert de ses dernières forces pour attraper la cheville de son attaquant en y plantant ses griffes aiguisées avant se laisser tomber irrémédiablement dans le gouffre profond de la falaise adjacente derrière elle. Les deux corps – après une plongée vertigineuse d'une bonne centaine de mètres de hauteur – viennent se percuter et se briser partiellement avec une certaine violence incontrôlable dans les grandes profondeurs de l’eau glacée des torrents de la cascade qui les emprisonne et les emporte avec elle sans que l’on puisse savoir si l’homme et la bête ont survécu à cette chute mortelle.

30 Octobre 2021 19:42:33 0 Rapport Incorporer Suivre l’histoire
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