C
Clara Delage


Zoé Jones n'a connu que la souffrance et la désolation. Témoin du meurtre de sa mère à seulement 7 ans, elle fut recueillie par sa marraine, Irina Petrova. Une brillante espionne qui la conditionna à intégrer la CIA dès sa dixième année. Désormais âgée de 29 ans, Zoé fait la fierté d'Irina. Elle est devenue une espionne hors-pair qui brille au sein de l'unité d'espionnage de la CIA. Jusqu'au jour où le meurtrier de sa mère refait surface et bouscule toute sa vie pour la seconde fois.


Action Déconseillé aux moins de 13 ans.

#danger #secret #Amour #espionnage
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Prologue

16 Novembre 1999


Le bruit des cris me fit émerger de mon paisible sommeil. Mes paupières s'ouvrirent et mes prunelles se posèrent sur ma veilleuse en forme d'étoile. D'instinct, je me mis à serrer davantage Patapouf contre mon cœur. Je reconnu les voix de papa et maman. Ils se disputaient encore. Le son du verre qui se brise résonna et je m'extirpais des couvertures. Je voulais savoir ce qui se passais, ma curiosité étant plus forte que ma raison. J'étais sûre que papa ne me verrais pas. Je devais juste faire comme tata Irina : être une espionne. C'est donc avec Patapouf tenu fermement contre ma poitrine que je me rendis sur la pointe des pieds dans le couloir. La porte qui séparait les chambres du salon était entrouverte, ne me permettant pas de voir quoique ce soit. Je passais alors ma tête dans l'encadrement, cherchant mes parents comme je le pouvais, sans faire de bruit. C'est alors que la voix rauque de papa retentit, me faisant sursauter :
— Qu'est-ce que tu fous ici, sale gamine ?
Je reculais vivement, les yeux brûlants, ma petite main sur ma bouche pour étouffer mes pleurs. J'entendis les talons de maman claquer sur le sol et j'eus un peu moins peur. Elle allait me protéger de papa, je le savais. Il ouvrit la porte si brutalement qu'elle cogna dans le mur, mais il n'y prêta pas attention. Ses yeux étaient rivés vers moi et je compris que j'aurais mieux fait de rester coucher. Je continua à reculer, manquant de trébucher à plusieurs reprises. Je chercha maman des yeux et je la vis attraper papa par l'épaule.
— Aaron, je t'en prie, ne fais pas ça !
Il se retourna si vite que ni maman ni moi n'eûmes le temps d'anticiper la gifle qu'il lui donna. Son attention se focalisa à nouveau sur moi tandis que la mienne restait sur maman qui saignait du nez désormais.
— Sale petite fouineuse ! C'est de ta faute !
Je me mordis la lèvre inférieure afin de stopper les tremblements. Lui montrer davantage de peur ne ferait que l'énerver un peu plus. Mes yeux ne quittèrent pas le visage de maman alors qu'il m'attrapait par les cheveux et approchait mon visage du sien. J'avais peur de papa, mais maman était là, elle allait me sauver. Comme toujours.
— Je t'ai déjà dit que les soirs je ne voulais pas voir ta sale tête de bâtarde !
— Aaron, arrête ! C'est ta fille, bordel !
Il me cracha au visage suite aux propos de maman.
— Je sais très bien que ce n'est pas ma gamine, sale traînée !
Maman l'attrapa à nouveau par l'épaule et il la poussa si fort qu'elle tomba sur les fesses. Il serra plus fermement le poing dans mes cheveux et je sentis mes pieds quitter le sol. Sa poigne sur mon crâne provoqua une douleur lancinante qui me fit hurler. Je me mordis aussitôt la langue, espérant étouffer mes cris. Il nous emmena dans le salon et me jeta sur le sol. Je reçus un premier coup de pied, puis un second. Il frappait fort. Plus que d'habitude. Je me recroquevilla sur moi-même, cherchant à me protéger. Les talons de maman tapèrent sur le carrelage et j'ouvris un œil pour la voir arriver vers nous. Patapouf était dans l'encadrement de la porte et je mourrais d'envie de le serrer contre moi. Lui aussi il me protégeait de papa. Maman nous dépassa et je la suppliais de m'aider. Elle ne pouvait pas le laisser me faire du mal, elle m'aimait. Elle me l'avait dit et elle avait promis de me protéger. Mes pleurs redoublèrent et les coups de papa aussi. Tout d'un coup, il poussa un râle de douleur et les coups de pieds cessèrent. J'ouvrais à nouveau un œil et me risquais à regarder dans sa direction. Il se tenait le bras et du sang coulait sous sa main. Je cherchais à nouveau maman et la trouvais à un mètre de papa, un couteau provenant de la cuisine dans la main. Je n'avais pas le droit de me servir de ces couteaux là. Maman disait que je risquais de me faire très mal car ils étaient très coupants.
— Zoé, prend Patapouf et cours chez la voisine, dis-lui d'appeler la police ! Vite mon cœur, je te rejoins très vite, c'est promis !
Je me relevais péniblement et courrais chercher Patapouf avant de boiter jusqu'à la porte d'entrée. Je me retournais vers maman, cherchant son accord pour sortir de la maison. Elle ne m'avait jamais autorisé à faire une chose pareille jusqu'à aujourd'hui. Avais-je vraiment le droit de sortir toute seule ?
— Espèce de traînée !
Je sursautais et vis, impuissante, papa arracher le couteau des mains de maman et lui planter dans le ventre.
— Maman, j'hurlais !
Du sang jaillit de la bouche de maman et je voulus aller vers elle. Ses prunelles chocolats se posèrent sur moi et je compris que je devais lui obéir. Je déverrouillais la porte et partit en courant aussi vite que possible jusqu'à chez la voisine, madame Anderson. Je tambourinais à sa porte, la suppliant de m'ouvrir. La femme aux cheveux blonds ouvrit la porte en grommelant qu'il était tard, mais elle se tut en me voyant. Elle me fit entrer, verrouilla sa porte et s'agenouilla pour être à mon niveau.
— Zoé, qu'est-ce qui t'es arrivé, trésor ?
Je ne pus me contrôler et me jetais dans ses bras. Elle m'étreignit fermement mais délicatement, me chuchotant des mots doux pour m'apaiser. Il me sembla que nous restâmes des heures ainsi jusqu'à ce que sa voix paisible s'élève à nouveau :
— Racontes-moi, trésor.
Je lui expliquais que papa nous avait fait du mal à maman et moi. Que maman m'avait envoyé ici pour que madame Anderson appelle la police mais que papa l'avait fait saigner. Ses yeux brillèrent de la même lueur que ceux de maman quand elle s'inquiétait pour moi. Elle me fit asseoir sur son canapé, m'apporta un verre d'eau et me demanda de l'attendre sagement. J'attrapais sa robe de chambre dans ma main, l'empêchant de partir.
— Ne me laissez pas toute seule, s'il vous plaît...
Elle me sourit doucement et me caressa la joue.
— Je vais chercher mon téléphone et j'arrive, trésor. Je ne serais pas longue, c'est promis.
Je hochais la tête et elle quitta la pièce. Elle revint presque immédiatement, son téléphone portable à la main. Elle prit place à côté de moi et je me blottis contre elle. Elle m'étreignis à nouveau tandis qu'elle passait un coup de fil. Lorsqu'elle raccrocha, elle m'expliqua que la police allait venir aider ma maman et que tout allait s'arranger. Je l'aimais bien, madame Anderson, mais je savais qu'elle ignorait si tout allait s'arranger. Tout se que je voulais c'était maman, mais je devais être sage, comme elle me l'avait apprit. Lorsque la sonnette retentit, je sursauta et madame Anderson me demanda de rester sur le canapé. Je la suivis du regard en serrant Patapouf aussi fort que possible. Priant pour que ce ne soit pas papa. Deux hommes que je n'avais jamais vus entrèrent. Leurs regards se posèrent sur moi et je ne compris pas pourquoi ils fuyèrent le mien. Ils chuchotèrent quelque chose et Madame Anderson porta sa main à sa bouche pour étouffer un cri d'effroi, puis, elle autorisa les deux hommes à venir vers moi. Je me ratatina dans le canapé, terrifiée. Je remarquais alors leurs uniformes et je compris qu'il s'agissait de la police. Le plus jeune d'entre eux s'agenouilla et me sourit doucement.
— Zoé, c'est ça ?
Je hochais la tête et il baissa la sienne. Comme moi quand j'avais fait une bêtise.
— Je suis désolée, petite...
— Pourquoi ? Où est maman ? Papa va revenir me faire du mal ?
Je demandais, effrayée.
— Non, non, ne t'inquiète pas, ton papa ne te fera rien.
Il me fit un sourire triste.
— Alors, où est maman ?
Il baissa les yeux.
— Dans les étoiles, petite. Dans les étoiles...
Je serra Patapouf encore plus fort, la vue brouillée par les larmes. Maman n'était plus là, qui allait me protéger maintenant ?
— Nous avons appelé ta marraine, Irina. Elle sera là aussi vite que possible. Je suis désolée, petite...
Je hochais la tête, l'esprit embrumé. Je voulais maman mais maman n'était plus là. Tata Irina allait me protéger, c'était une espionne. Elle était forte. Mes iris bleues se posèrent sur Patapouf. Oui, tata Irina était forte, mais était-elle assez forte pour me sauver si papa revenait ?

2 Septembre 2021 18:37:28 0 Rapport Incorporer Suivre l’histoire
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